2006, loi Bataille et déchets radioactifs


En 1991 la loi Bataille repoussait de 15 ans la réponse à donner aux tonnes de déchets radioactifs qui allaient être générées par le développement du nucléaire en France, parce qu’on avait besoin de ce temps pour réfléchir aux différentes possibilités et faire avancer la recherche. Trois axes étaient dès lors envisagés : la séparation et la transmutation des noyaux radioactifs à vie longue, le stockage en formation géologique profonde des déchets « de haute activité à vie longue » et le conditionnement de ces déchets et leur entreposage qui peut être aussi de longue durée. En attendant la date butoir de 2006, on a vitrifié les déchets les plus dangereux qui sont ainsi entreposés entre-autres à la Hague (plusieurs milliers de tonnes déjà).

Cette année a vu en mars la publication du rapport des avancées scientifiques au sujet des trois axes de 1991, un débat public national (discrètement mis en place depuis septembre) et un projet de loi pour la gestion durable de ces déchets (qu’on attend pour le moment). Le rapport Bataille-Birraux sus-cité explique de façon édifiante que :
- la séparation-transmutation (axe 1) est envisageable à l’horizon 2040 avec la constructions d’usines de retraitement (donc, c’est cher), voire en utilisant des réacteurs nucléaires de génération IV. On avance ainsi le bien fondé des recherches sur ce type de réacteurs qui sauront utiliser les déchets aujourd’hui entreposés dans des hangars.
- concernant l’axe 2 : "la faisabilité en France du stockage géologique réversible entre 2020 et 2025 est très probable même si quelques incertitudes technico-scientifiques restent à lever". On hésite à condamner ces jolis gisements de poison ou à se laisser une possibilité de réversibilité, au cas où ça se mette à bouger. Brrr. Ca, c’est la solution la plus sûre et propre.
- enfin, concernant le stockage (axe 3), "la faisabilité de l’entreposage de longue durée reste à démontrer par une réalisation concrète". Euh... comment comptent-ils faire ce test sur 10 ans ?

Youpi. On dépense des sommes absolument astronomiques pour trouver comment gérer tous ces déchets hautement dangereux, pour développer le nucléaire du futur (ITER, EPR, générateurs de 4ème génération), pour le démantèlement des vieilles centrales, sans compter les possibles coûts sur notre santé : comment peut-on continuer de croire que le nucléaire c’est pas cher ? Et on nous ressort que la gestion de ces déchets (recherche, réalisation...), ça crée des emplois ! Malgré tous les débats en cours (sur la gestion des déchets nucléaires, sur l’EPR à Flamanville, sur la Ligne à Très Haute Tension qui découlerait de l’EPR), on n’a pas vraiment l’impression de pouvoir choisir à quoi on s’expose...

Pour comprendre :
- un article de Politis
- le dossier déchets nucléaires de Greenpeace

Article publié mercredi 28 décembre 2005 à 10:09 par - classé dans .

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