Ce matin sur France Inter, j’ai entendu une réflexion plutôt intéressante de Raoul Marc Jennar sur l’action 5 minutes pour la planète. Selon lui, elle est contestable car elle ne reflète pas du tout les efforts que nous imposeront les mesures réellement nécessaires à la diminution de notre impact sur la planète. Il est facile pour tout le monde d’éteindre une lampe 5 minutes, mais l’éclairage est loin d’être le poste le plus important en terme d’impact écologique. Sur le plan énergétique, transport et chauffage sont les plus polluants. La journée sans voiture était une action bien plus représentative, mais qui a été abandonnée pour cause de flop. Demander d’arrêter sa voiture 5 minutes a été envisagé par l’Alliance pour la Planète, mais l’idée a été abandonnée à cause des risques d’accidents. C’est vrai que c’est dangereux, mais ça aurait été beau tout le monde qui s’arrête 5 minutes ! C’est plus visible, et ça peut faire des émules "sur le tas". Le paradoxe aurait été que les plus engagés prennent exprès leur voiture à cette heure là pour pouvoir participer et inciter autrui à participer :)
Reste qu’en Février, la participation de 3 millions de français avait permis d’abaisser la consommation d’électricité de 1%, alors que sur l’année elle a augmenté de 2%... Il serait plus intéressant d’utiliser ces 5 minutes pour troquer ses ampoules à filament pour des ampoules basse consommation, ce qui permettrait d’économiser l’équivalent d’un réacteur nucléaire. C’est d’ailleurs ce qui est proposé dans le cadre de l’action 5 minutes pour la planète : changer à cette occasion au moins une ampoule chez soi.
L’Australie et le Canada ont interdit les ampoules à incandescence, et Greenpeace réclame la même mesure chez nous. Voilà une loi qui semble facile à voter, qui demande peu d’investissement de la part des citoyens (ce n’est pas comme la réduction de la vitesse sur les routes !). Mais -car il y a un mais-, il y a toujours des intérêts contradictoires chez les industriels. Alors n’attendons pas la loi, et agissons par nous même.
Baladez-vous 5 minutes sur le site de la campagne : changezdampoule.be.
Et aussi, la pétition de Greenpeace en direction de M. Borloo se trouve là.