Ego-conférence sur le climat à Sydney


Six des pays les plus pollueurs de la planète se sont réunis à Sydney, la semaine dernière, pour débattre d’un partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat. L’invitation venait des Etats-Unis et de l’Australie, les autres invités étant la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. A eux seuls, ces pays émettent plus de la moitié des gaz à effet de serre (GES) lâchés au niveau mondial. Ils consomment la moitié de l’énergie utilisée, dont la plus grande partie est pour le moment tirée des combustibles fossiles. Ils produisent toutefois une bonne part de ces énergies fossiles (70% du charbon mondial par exemple). Tout naturellement, les conclusions de la conférence appuient sur le fait qu’il serait inconcevable d’hypothéquer la croissance économique pour s’occuper de sauver la planète. C’est sans doute pour cette même raison que les USA et l’Australie n’avaient pas signé le protocole de Kyoto, qui, lui, fixe des engagements clairs en terme de diminution des émissions de GES. Ce partenariat signé à Sydney se veut une autre réponse aux soucis de réchauffement climatique. Une réponse qui passe par l’investissement des industriels (invités en grand nombre à Sydney pour l’occasion, surtout les magnats du pétrole et du secteur minier) en terme d’argent et de recherches sur des solutions technologiques propres. Inutile donc de freiner notre course à la surconsommation, puisqu’il suffit de trouver le moyen de piéger les GES dans des grands trous, ou de mettre au point le moteur à hydrogène, gaz qui demande une telle énergie pour être produit et stocké qu’il risque d’être plus polluant que le pétrole qu’il remplacerait.

Les signataires du pacte se sont-ils rendus compte que leur pollution n’allait pas rester cantonnée au-dessus de leur tête ? En Europe et chez les 39 signataires du protocole de Kyoto, on s’est peut-être réveillé en réalisant que lorsque les pays émergeant allaient de mettre à consommer à notre rythme, on risquait une franche catastrophe. Ca aura au moins le mérite d’inciter à un peu plus de sobriété (j’espère). Mais concernant les arguments avancés à Sydney, je me demande ce que certains pays africains, par exemple, peuvent penser de tant d’égoïsme car eux subiront autant que nous les effets du réchauffement...sans y avoir contribué.

Sur la conférence de Sydney :
- Libé à l’ouverture, le 11 janvier
- Le Monde le 12 janvier, à la clôture

Article publié vendredi 20 janvier 2006 à 8:20 par - classé dans .

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