A l’occasion du 20ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, les révélations pleuvent et l’actualité bouge au sujet du nucléaire.
Petit tour d’horizon en vrac :
la semaine dernière, une émission Spéciale Tchernobyl sur M6 révélait les dessous du mensonge français au moment de la catastrophe. D’un côté un lobby nucléaire fort, au lendemain de la prise d’orientation "tout nucléaire" française, qui a dû serrer les fesses devant le désastre. Et de l’autre, le lobby agricole qui aurait vu d’un mauvais oeil qu’on prévienne les français de la contamination des produits végétaux et animaux, alors que c’est ce que faisaient ses voisins européens (allemands et italiens, entre autres) en alertant leur population et prenant des mesures concrètes (retrait des aliments contaminés des marchés, distributions de pastilles d’iode).
La bataille de Tchernobyl, documentaire inédit (diffusé vendredi soir à 23h20 (!) sur France 3, et rediffusé dimanche matin à 01h10 (!)) révèle de son côté le déroulement du drame côté russe : de l’explosion du 26 avril à la finalisation du sarcophage temporaire qui scellera enfin le réacteur. Construit pour durer 30 ans, il devrait être recouvert d’ici 10 ans, mais avec quel argent ? On découvre également les erreurs flagrantes, l’absence de moyens adéquats, la désinformation, et surtout la longue bataille contre l’ennemi invisible menée par 50 000 hommes sacrifiés et 500 000 liquidateurs.
La CRIIRAD organise mardi 25 avril un débat contradictoire sur les retombées de Tchernobyl. Elle y convie des membres et responsables de l’IRSN, qu’elle accuse de désinformation, et du gouvernements français afin de confronter ouvertement leurs arguments devant la presse.
La grande manifestation anti-EPR des 15 et 16 avril, à Cherbourg, a également été l’occasion de multiples événements commémorant la catastrophe.
Aujourd’hui, le choix français de continuer à construire des réacteurs nucléaires est plus que jamais à remettre en question. Tchernobyl, au delà des retombées sanitaires encore à venir des irradiations de 1986, fait encore peser sur nos tête la menace de nouvelles fuites. Quand on découvre l’ampleur de la catastrophe, le prix qu’il a fallu payer pour la contenir (en vies humaines et en argent), les conséquences sanitaires et environnementale impossibles à mesurer, et ce qu’il reste sous ce sarcophage de plomb et d’acier à surveiller et maîtriser pour des siècles, on se demande vraiment si le risque en vaut la chandelle.