Clémenceau : pour que la France assume ses déchets


Le porte-avions Clémenceau, désarmé en 1997 et déjà en partie démantelé à Toulon, a pris la mer le 31 décembre pour son dernier voyage, direction l’Inde. Là devait s’achever à Alang (l’un des plus grands chantiers de démolition de bateaux du monde) son dépeçage complet et du même coup son désamiantage. Sachant que la France n’a aucune structure pour gérer la fin de vie de ce genre de bâtiment, et que l’Inde propose de le faire pour par cher, il semble intéressant de remorquer les carcasses là où on valorisera les tonnes de métaux qu’elles contiennent, et ce pour un prix défiant toute concurrence.

Premier acte : le départ du porte-avions est entravé depuis mars 2005 par une âpre bataille juridique, menée par les associations Andeva (Association nationale des victimes de l’amiante), Ban Asbestos (Interdire l’amiante), rejoints par le Comité anti-amiante Jussieu et Greenpeace, contre l’Etat et la société SDI qui gère le bateau. Leurs arguments sont les suivants : primo il est choquant d’envoyer de si dangereuses poubelles se faire retraiter dans des pays qui n’ont pas les compétences pour effectuer des opérations aussi délicates, et où les niveaux de protection sont réputés trop bas pour garantir des conditions sanitaires et environnementales acceptables. Secondo, l’exportation de déchets toxiques dangereux est interdite par la convention de Bâle dès lors que le pays émetteur sait les traiter. La bataille, remportée par la défense, reposait sur le niveau d’amiante restant dans la structure du navire : des 160 tonnes annoncées officiellement, dont 115 déjà retirées, il serait en fait question de 500 tonnes encore à traiter selon Technopure, l’entreprise qui s’est chargé du premier désamiantage.
- A écouter sur Libé : les arguments des deux parties au tribunal.
- Lire également un article de Greenpeace portant sur les révélations de la première société mandatée pour le désamiantage du Clémenceau : Technopure.

Deuxième acte : pendant qu’il est remorqué vers l’Inde, les autorités Indiennes, puis Egyptiennes, réagissent en interdisant l’entrée du Clémenceau dans leurs eaux territoriales tant qu’elles n’obtiendront pas de la France des document attestant que le bâtiment ne transporte pas de matières dangereuses. La Cour suprême indienne a rendu le 06 janvier un premier avis défavorable à l’accueil du porte avions sur le territoire. Elle doit rendre un avis définitif le 20 janvier sur ce même sujet.

Nous relayons ici une cyber@ction en direction du premier ministre Français, afin que la France
- prenne ses responsabilités dans cette affaire en rapatriant le Clémenceau
- engage un véritable programme de gestion des bateaux en fin de vie. D’autres bâtiments de ce style sont et seront à démanteler, il faut donc mettre en place ici même les conditions de leur traitement en tant que déchets dangereux.

Article publié dimanche 15 janvier 2006 à 16:42 par - classé dans .

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