Amnesty International consacre sa Chronique de novembre à la Biélorussie, dernière dictature d’Europe et pays le plus touché par l’accident nucléaire de Tchernobyl, avec 70% des radiations. Les évacués de la zone contaminée (les "chimiques") se retrouvent aujourd’hui déracinés, abandonnés de l’état, stigmatisés par le reste de la population. Presque 2 millions de personnes vivent encore dans les zones à risque et continuent d’ingérer des radionucléides. La dictature musèle toute voix tentant de parler des conséquences du drame : le professeur Youri Bandazhevski a été emprisonné en 2001 sous un motif fallacieux, en réalité pour avoir critiqué la gestion du drame par les autorités. Adopté par Amnesty, il vient d’être libéré sous conditions (assignation à résidence et interdiction d’activité). La manifestation commémorative de la catastrophe, le 26 avril à Minsk, a également été violemment réprimée.
Sur la scène internationale, pas mieux : la conspiration du silence est entretenue par le lobby atomique international et son bras institutionnel, l’AIEA, prix Nobel de la Paix 2005. Cette agence de l’ONU est titulaire depuis 1959 de l’exclusivité des opérations sanitaires relatives au nucléaire (c’est donc le seul secteur échappant à l’OMS). Elle vient de publier en septembre un rapport intitulé Legs de Tchernobyl où l’on prévoit à terme 4000 morts, 4000 cancers de la thyroïde dont 99% seront guérissables, et où l’on cite le fatalisme et les troubles psychologiques comme conséquences les plus graves de Tchernobyl ! Lisez en priorité le paragraphe Principales conclusions du rapport. Et surtout, visitez le site de la CRIIRAD qui dénonce ces conclusions scandaleuses.