L’Irlande devra avaler Lisbonne, comme tout le monde


Avant de vous distiller la dernière de Nicolas Sarkozy au sujet du traité de Lisbonne, un petit rappel.

Le traité de Lisbonne, nom définitif du traité "simplifié" ou "mini-traité" de M. Sarkozy, est issu du toilettage du Traité établissant une Constitution Européenne (TCE). Les médias dominants se gardent systématiquement de rapprocher ces différents textes ou plutôt ces différentes dénominations du même projet. Ils oublient tous que la France a refusé ce texte par voie réferendaire. Je m’énerve à chaque fois de lire ceux qui dénoncent la soit-disant prise en otage de toute l’Europe par un pays représentant moins de 1% de sa population totale (voire ’Les 4,2 millions d’Irlandais ne devraient pas empêcher les 495 millions d’habitants de l’UE d’avancer’ dans Le Monde). Une poignée de réticents va donc freiner un processus qui mobilise l’ensemble de l’Union, anéantir des années de dur labeur... dingue.

Ils ont la mémoire courte, ou bien c’est qu’ils veulent se rassurer en se disant que, puisque la France a ratifié ce traité (par voie parlementaire, pour ceux qui n’ont pas suivi. On a même modifié la constitution pour ce faire), c’est que tous les français sont d’accord. Ouf. Et hop, ça donne 100% de français freinés par les quelques nonnistes irlandais. Calcul simple.

Pour ceux qui pensent que ce texte est la porte ouverte au libéralisme galopant, au recul social, à l’accentuation des inégalités, le réferendum irlandais représentait plutôt une chance inespérée de pouvoir enrayer un processus qu’on nous impose par la force. On nous bassine aujourd’hui, comme à l’époque du TCE : "il n’y aura pas de plan B" et "il est hors de question de remanier le texte". Les similitudes sont troublantes. On compte vraiment sur notre amnésie, c’est presque insultant. Encore une fois, refuser ce traité n’est pas refuser l’Europe. Une pétition pour engager nos gouvernants à revoir leur copie : Pour une Europe sociale.

Nous disions donc, la petite dernière du président français pour contourner le problème irlandais : "Les Irlandais devront revoter". CQFD.

Article publié jeudi 17 juillet 2008 à 16:03 par - classé dans .

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