Depuis 2000, la Déclaration de Berne (DB) et Pro Natura organisent le Public Eye on Davos en réaction au Forum Economique Mondial (WEF) où les multinationales discutent de la libéralisation du marché mondial. Depuis 2005 y sont décernés les Public Eye Awards qui distinguent les entreprises dont le comportement social ou environnemental est le plus préjudiciable. 3 prix sont décernés, pour les 3 catégories suivantes :
Respect de l’environnement
Respect des droits de l’homme et du travail
Lutte contre l’évasion fiscale
Cette année, plus de 20 entreprises étaient nominées pour ces prix. Parmi elles, la Coca-Cola Company (CCC) avait été sélectionnée pour les catégories Social et Environnement. Pour le volet environnement, on connaissait déjà le rôle de grand pollueur et assécheur de nappes phréatiques du géant américain en Inde. Le dossier incriminant la CCC dans des exactions à l’encontre de dirigeants syndicalistes de ses usines de mise en bouteille en Colombie est encore plus sordide. Plusieurs ONG et le syndicat colombien SINALTAINAL l’accusent en effet d’accointance avec des groupes paramilitaires d’extrême-droite pratiquant l’intimidation et le meurtre à l’encontre des syndicalistes de ces usines. Et pourtant, c’est The Walt Disney Company qui a remporté le prix du pire irresponsable social pour son manque de transparence concernant ses sous-traitants du Sud. La mouture 2006 prévoyait également un Positif Award sensé récompenser une entreprise s’efforçant à plus de responsabilité sociale et environnementale. Les ONG partenaires qui ont étudié les sociétés susceptibles de répondre aux exigences de ce prix ont cependant unanimement refusé d’en récompenser une, malgré les améliorations observées. Partant du principe que ces améliorations ont toutes été le fruit d’une pression de la société civile, la récompense a finalement été décernée à un syndicat mexicain et à deux ONG allemandes pour leur action conjointe dans l’affaire de la fermeture d’une usine de Continental au Mexique. L’usine a non seulement ré-ouvert ses portes mais les ouvriers sont devenus co-propriétaires de la fabrique.
Lectures sur le sujet :
ACME et Coca-Cola en Colombie
Le résumé du Public Eye Awards 2006 sur Actu-environnement