A l’heure où beaucoup montrent du doigt les grévistes du service public et leurs "privilèges", il n’est pas inutile de remettre les pendules à l’heure concernant ceux qui sont réellement privilégiés. Les Echos relaient un article paru aujourd’hui dans Capital, recensant les 50 patrons français les mieux payés en 2006. Il ne s’agit pas ici de salaires, mais, pour une grande part, de revenus exonérés de charges sociales, donc plus rentables pour l’entreprise et le "salarié" mais stériles du point de vue social. Dividendes, stock-options, retraites dorées… Ces messieurs peuvent bien se payer des yachts, une bonne part de nos concitoyens continuera de considérer comme seuls coupables des déboires du système de retraites ces fonctionnaires privilégiés qui ne pensent qu’à eux-mêmes.
Pour ma part, heureusement qu’il y a des secteurs où l’on fait grève pour défendre les mécanismes de répartition des richesses. Dommage que tous les salariés ne se lèvent pas pour réclamer le partage des efforts nécessaires à l’équilibre des régimes de retraite. Même si les 2 paramètres que sont le nombre décroissant de cotisants et l’augmentation de retraites versées sont réels, ils ne sont pas les seuls à considérer. Des pans entiers de l’économie sont oubliés dans le calcul, et en premier lieu les revenus financiers et autres niches fiscales. Comme c’est bizarre. Les stock-options servaient au départ à attirer des cadres vers les petites PME incapables de leur assurer des salaires attractifs. Aujourd’hui, ce sont les grands patrons qui en abusent pour alourdir leur fortune. On critique facilement les resquilleurs des allocations chômage et du RMI qui pourraient travailler, mais après tout on resquille avec ce qu’on peut...