Pierre Méneton, chargé de recherche à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) au sein du département de Santé Publique et d’Information Médicale : attaqué en diffamation par le Comité de Salines de France (CSF) pour la phrase "Le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire industriel est très actif. Il désinforme les professionnels de la santé et les médias.". Verdict le 13 mars 2008.
Véronique Lapides, citoyenne, présidente du Collectif Vigilance Franklin (CVF) : attaquée pour diffamation par le maire de Vincennes pour avoir dénoncé l’irresponsabilité de la Préfecture et de la Mairie dans l’affaire de la dépollution de l’ex-site d’une usine Kodak, à proximité duquel se trouve une école maternelle. Le CVF a été constitué suite à une recrudescence de cancers infantiles dans cette école. Audience le 14 mars 2008.
Christian Vélot, enseignant-chercheur en Génétique Moléculaire à l’Université Paris Sud, responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie, engagé à titre personnel dans l’information du public sur les risques sanitaires des OGM : tancé verbalement pour ses prises de position publiques anti-OGM, puis privé des crédits que son institut lui avait alloués, sommé de déménager son laboratoire, et enfin remercié.
Vous trouverez les détails de ces 3 cas et les pétitions de soutien à ces lanceurs d’alerte sur le site de l’association Sciences Citoyennes.
Souvenez-vous d’Etienne Cendrier (voir notre article), porte parole de l’association Robins des toits, attaqué pour diffamation il y a 2 ans par Bouygues Telecom, SFR et Orange, pour avoir dénoncé d’une part les dangers des antennes-relais sur la santé, et d’autre part des tricheries de ces opérateurs sur des mesures d’ondes électromagnétiques à proximité de telles antennes. La justice avait débouté deux des plaignants (SFR et Orange), reconnaissant ainsi à la fois la nocivité de la téléphonie mobile et la falsification des mesures par ces opérateurs. Quant au troisième (Bouygues), il a seulement réussi à sauver la face en avril 2007 : 1 000 euros (contre 200 000 euros demandés) bien que la cour ait reconnu le bien fondé des accusations de M. Cendrier dans ce cas comme dans les 2 autres (! ?).
Une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte, inscrite dans les conclusions du Grenelle de l’environnement, et reprise dans le rapport d’étape de la mission Lepage sur la gouvernance (mandatée par J. L. Borloo), doit bientôt être votée. Espérons que tous les lanceurs d’alerte que sont les associations et ONG de défense de l’environnement n’auront pas une fois encore à dénoncer la frilosité du gouvernement face aux lobby industriels, et que bientôt, tous les Pierre Méneton, Véronique Lapides et Christian Vélot seront protégés par la loi quand leurs témoignages contrediront des intérêts financiers.